En 2026, chaque parent peut donner 100 000 € à chacun de ses enfants sans droits, et recommencer tous les 15 ans. S'y ajoutent 31 865 € de don d'argent exonéré, si le donateur a moins de 80 ans et l'enfant est majeur. Un couple avec deux enfants peut ainsi transmettre plus de 527 000 € sans impôt. Jusqu'au 31 décembre 2026, 100 000 € de plus peuvent être donnés sans droits pour acheter un logement neuf ou financer une rénovation énergétique. Quand le donateur ou l'enfant vit à l'étranger, les mêmes règles que pour les successions décident si la France taxe.
L'essentiel
| Question | Réponse courte |
|---|---|
| Abattement parent → enfant | 100 000 € par parent et par enfant, tous les 15 ans |
| Don d'argent en plus | 31 865 € exonérés si le donateur a moins de 80 ans et l'enfant est majeur |
| Don pour un logement neuf ou une rénovation | Jusqu'à 100 000 € exonérés, dons versés jusqu'au 31 décembre 2026 |
| Grand-parent → petit-enfant | 31 865 € d'abattement, plus 31 865 € de don d'argent |
| Époux, partenaire de PACS | 80 724 € d'abattement |
| Sans lien de parenté | Pas d'abattement, 60 % dès le premier euro |
| Donation-partage | Les valeurs sont figées au jour de la donation pour le partage futur |
| Donateur qui vit en France | Donation taxable en France, où que vive l'enfant |
| Donateur à l'étranger | Biens français taxables, plus les biens étrangers si l'enfant vit en France depuis au moins 6 ans sur 10 |
| À suivre | Budget 2027 : dons d'argent plus avantageux du 1er janvier au 30 juin 2027, en discussion |
Donner de son vivant : pourquoi et quand
Une donation permet d'aider un enfant au moment où il en a besoin, pour un achat, des études ou un projet, plutôt qu'au décès. Elle a aussi un avantage fiscal simple : les abattements se renouvellent tous les 15 ans. Une donation faite plus de 15 ans avant le décès n'est pas prise en compte, et l'enfant retrouve son abattement de 100 000 € pour la succession.
Une donation est en principe définitive, et elle doit respecter la part réservée aux autres enfants.
Les abattements tous les 15 ans
| Bénéficiaire | Abattement | Taux au-delà |
|---|---|---|
| Enfant (de chaque parent) | 100 000 € | 5 % à 45 % |
| Petit-enfant | 31 865 € | 5 % à 45 % |
| Époux ou partenaire de PACS | 80 724 € | 5 % à 45 % |
| Frère, sœur | 15 932 € | 35 % / 45 % |
| Neveu, nièce | 7 967 € | 55 % |
| Sans lien de parenté | Aucun | 60 % |
Un parent qui donne 300 000 € à un enfant paie environ 38 200 €. Le même montant donné par les deux parents (150 000 € chacun) coûte environ 16 400 € au total. Pour un concubin, la donation est rarement le bon outil : 60 % dès le premier euro.
Le don d'argent en plus de l'abattement
Un don d'argent à un enfant, un petit-enfant ou, sans descendance, à un neveu ou une nièce est exonéré jusqu'à 31 865 € tous les 15 ans, à trois conditions :
- le donateur a moins de 80 ans ;
- le bénéficiaire est majeur ;
- le don est déclaré dans le mois, en ligne sur impots.gouv.fr.
Il s'ajoute à l'abattement classique : un parent peut donc transmettre 131 865 € à chaque enfant sans droits, et un couple 263 730 €.
Jusqu'au 31 décembre 2026 : 100 000 € de plus pour un logement
Un dispositif temporaire permet de donner en plus jusqu'à 100 000 € par donateur et par bénéficiaire, sans droits. Un parent peut ainsi transmettre jusqu'à 231 865 € à un enfant qui achète un logement neuf. Les conditions sont strictes :
- l'argent sert, dans les 6 mois, à acheter un logement neuf ou sur plan, ou à financer une rénovation énergétique de la résidence principale de l'enfant, en France ;
- le logement reste la résidence principale de l'enfant, ou est loué comme résidence principale, pendant 5 ans ;
- ne comptent pas : la construction d'une maison, l'achat d'un terrain, l'achat d'un logement ancien, ni l'argent apporté à une SCI.
Si le logement est vendu avant 5 ans, l'exonération tombe. À ce jour, le dispositif n'est pas prolongé au-delà de 2026.
Un point souvent oublié : l'argent donné pour acheter un logement compte au moment de la succession pour la valeur du logement à ce moment-là, pas pour la somme versée, sauf clause contraire ou donation-partage.
Donation simple ou donation-partage : la différence qui évite les conflits
La fiscalité est la même. La différence est civile, et elle pèse au décès.
- La donation simple est en principe une avance sur l'héritage. Au décès, le bien donné compte pour sa valeur à ce moment-là. Si un enfant a reçu un appartement qui a doublé de valeur, ses frères et sœurs peuvent réclamer l'égalité sur cette nouvelle valeur.
- La donation-partage répartit les biens entre les enfants en une seule fois, avec leur accord. Les valeurs sont figées au jour de la donation, à condition que chaque enfant reçoive un lot et l'accepte. Au décès, les lots restent acquis, ce qui limite fortement les conflits.
Elle peut inclure les petits-enfants, avec l'accord de leurs parents. Elle suppose de vrais lots pour chacun : un bien laissé en commun entre les enfants peut la faire requalifier en donation simple. Pour une famille internationale, elle a un intérêt de plus : elle règle le partage pendant que tout le monde est d'accord et joignable, plutôt qu'au décès, avec des héritiers dans plusieurs pays.
Donateur ou enfant à l'étranger
Les donations suivent les mêmes règles que les successions :
- Le donateur vit en France : la donation est taxable en France, quel que soit le bien et le pays de l'enfant.
- Le donateur vit à l'étranger : seuls les biens situés en France sont taxables, y compris l'immobilier français détenu via une société.
- Le donateur vit à l'étranger, mais l'enfant vit en France depuis au moins 6 ans sur 10 : les biens étrangers qu'il reçoit sont aussi taxables en France.
Exemple fréquent. Des parents qui vivent à l'étranger virent 200 000 € à leur fille installée en France depuis 8 ans pour l'aider à acheter. Sans convention, ce don est taxable en France au barème français, et c'est à elle de le déclarer.
L'impôt payé à l'étranger sur des biens étrangers vient en déduction de l'impôt français. Mais très peu de conventions fiscales couvrent les donations : parmi elles, celles avec les États-Unis, l'Allemagne, l'Italie, le Portugal, la Suède, l'Autriche ou le Canada. La convention avec le Royaume-Uni ne couvre que les successions. Avec la plupart des pays, dont la Russie, la Chine ou les Émirats, seules les règles françaises s'appliquent.
Ce qui passe par le notaire
- Notaire obligatoire : donation d'un bien immobilier, donation-partage, donation en gardant l'usufruit.
- Sans notaire : le don manuel d'argent ou d'objets, par virement ou de la main à la main. Il doit être déclaré en ligne dans le mois.
Un don manuel non déclaré n'est pas invisible. S'il est découvert lors d'un contrôle, d'une succession ou de la régularisation d'un compte à l'étranger, il est taxé, souvent sur une valeur plus élevée. Passer chez le notaire fixe la date, la valeur et la nature de la donation, ce qui évite les contestations au décès.
Quand ça se complique
- Des parents à l'étranger donnent à un enfant installé en France. Le don peut être taxable en France même versé depuis un compte étranger, et l'enfant doit le déclarer. S'il garde l'argent sur un compte à l'étranger, ce compte doit aussi être déclaré chaque année.
- Un immeuble en France, un donateur qui vit ailleurs. La donation est taxable en France et peut aussi l'être dans le pays du donateur, sans convention pour éviter la double taxation dans la plupart des cas.
- Un enfant avantagé par rapport aux autres. Une donation trop importante peut être réduite au décès à la demande des autres enfants. Avec des enfants dans plusieurs pays, la question doit être réglée au moment de donner.
- Donner la nue-propriété en gardant l'usufruit. Seule une partie de la valeur est taxée, selon l'âge du donateur. La technique suppose une rédaction précise, surtout si le donateur peut changer de pays.
- Des titres de votre société. Le régime « Dutreil » peut exonérer 75 % de leur valeur, sous des engagements de conservation, durcis par la loi de finances pour 2026.
- Un déménagement prévu. Un parent qui quitte la France, ou un enfant qui s'y installe, change la fiscalité d'une donation. Le calendrier entre la donation et le départ peut tout changer.
- Le budget 2027. Le projet prévoit, pour les dons d'argent faits du 1er janvier au 30 juin 2027 à un descendant de 18 à 50 ans, un taux unique de 6 % jusqu'à 100 000 €, et le passage temporaire de l'exonération des dons d'argent de 31 865 € à 50 000 €. Le texte peut encore changer.
L'écart se chiffre vite en dizaines de milliers d'euros, et les erreurs se découvrent souvent au décès, quand il est trop tard pour les corriger.
Vous voulez donner à un enfant qui vit dans un autre pays, ou recevoir de vos parents à l'étranger ? Une consultation courte suffit pour vérifier qui paie quoi.
Questions fréquentes
Combien peut-on donner à ses enfants sans payer d'impôts ?
Chaque parent peut donner 100 000 € à chaque enfant tous les 15 ans, plus 31 865 € de don d'argent s'il a moins de 80 ans et l'enfant est majeur. Pour un couple et deux enfants, cela fait 527 460 € sans droits. Jusqu'au 31 décembre 2026, 100 000 € de plus peuvent être donnés pour un logement neuf ou une rénovation énergétique.
Quelle différence entre donation et donation-partage ?
La fiscalité est la même. La donation simple compte au décès pour sa valeur à ce moment-là ; la donation-partage fige la valeur au jour de la donation et règle définitivement la répartition entre les enfants qui l'acceptent.
Peut-on faire une donation à un enfant qui vit à l'étranger ?
Oui. Si le parent vit en France, la donation est taxable en France avec les abattements habituels. Le pays de l'enfant peut aussi la taxer : très peu de conventions couvrent les donations, il faut vérifier les deux systèmes.
Faut-il passer par un notaire pour une donation ?
Oui pour un immeuble, une donation-partage ou une donation en gardant l'usufruit. Non pour un don d'argent ou d'objets, qui doit seulement être déclaré en ligne.
À lire également
- Droits de succession 2026 : barème, abattements et héritiers à l'étranger
- Assurance-vie et succession : fiscalité, bénéficiaires et expatriés
Deux façons d'avancer
Vous préparez une donation. Vous voulez aider un enfant maintenant, équilibrer entre plusieurs enfants ou transmettre un bien en France alors que la famille vit dans plusieurs pays. Réservez une consultation.
Vous avez reçu un don de l'étranger. Vos parents vous ont versé de l'argent ou donné un bien, et vous devez savoir s'il faut le déclarer en France et combien vous devez. Décrivez votre situation : le cabinet vous adressera une proposition d'accompagnement.
Information générale en droit français, à jour au 31 octobre 2026. Elle ne constitue pas une consultation juridique adaptée à votre situation.