Depuis le 1er janvier 2026, un étranger non européen doit réussir un examen civique avant de demander sa première carte de séjour pluriannuelle, sa première carte de résident de dix ans ou sa naturalisation. C'est un QCM de 40 questions en 45 minutes, réussi avec 32 bonnes réponses. Les renouvellements ne sont pas concernés, et plusieurs titres en sont dispensés, dont la carte talent.
L'essentiel
| Carte pluriannuelle | Carte de résident (10 ans) | Naturalisation | |
|---|---|---|---|
| Examen civique | Oui, à la première demande | Oui, à la première demande | Oui, demandes déposées depuis le 1er janvier 2026 |
| Seuil de réussite | 32/40 (80 %) | 32/40 (80 %) | 32/40 (80 %) |
| Niveau de français | A2 | B1 | B2 (oral et écrit) |
| Plus de 65 ans | Dispensé | Dispensé | Pas de dispense |
| Renouvellement | Pas d'examen | Pas d'examen | Sans objet |
L'attestation de réussite n'expire pas, et l'examen peut être repassé autant de fois que nécessaire. Chaque centre fixe son prix, entre 60 et 80 € selon le ministère de l'Intérieur.
Qui doit passer l'examen
L'examen civique vise trois étapes, et à chaque fois uniquement la première demande.
La première carte de séjour pluriannuelle
C'est le cas le plus courant : après un an sous visa long séjour ou sous carte temporaire, vous demandez une carte de deux à quatre ans. L'examen s'ajoute au contrat d'intégration républicaine et au français A2. La règle vaut aussi pour une première carte pluriannuelle après un changement de statut, par exemple d'étudiant à salarié.
La première carte de résident
Elle concerne notamment la carte de résident du conjoint de Français après trois ans de mariage, celle du parent d'un enfant français, la carte obtenue après regroupement familial, et la carte « résident de longue durée-UE » après cinq ans de séjour régulier, y compris pour les titulaires d'une carte bleue européenne. La préfecture demande aussi l'avis du maire.
La naturalisation
Pour toute demande déposée depuis le 1er janvier 2026, l'attestation de réussite fait partie du dossier. Elle remplace l'ancien contrôle des connaissances pendant l'entretien. Voir la naturalisation après cinq ans.
Point décisif : l'examen se passe avant le dépôt. L'attestation est exigée au moment de la demande, pas pendant l'instruction.
Qui est dispensé
- Les renouvellements d'une carte pluriannuelle ou d'une carte de résident.
- Les cartes délivrées directement pour plusieurs années : toutes les cartes talent (salarié qualifié, carte bleue européenne, chercheur, porteur de projet, etc.), la carte talent (famille), les cartes ICT et travailleur saisonnier.
- Les cartes visiteur, stagiaire, jeune au pair et travailleur temporaire, qui ne mènent pas à la carte pluriannuelle concernée.
- Les réfugiés, pour leur propre carte de résident. L'examen redevient exigé s'ils demandent plus tard la carte de longue durée-UE.
- Certains ressortissants couverts par un accord bilatéral, notamment les Algériens.
- Les plus de 65 ans, pour la carte pluriannuelle et la carte de résident, mais pas pour la naturalisation.
- Les personnes handicapées ou malades, qui peuvent obtenir un aménagement ou une dispense sur certificat médical officiel.
- La nationalité par mariage : elle n'exige pas d'examen civique, seulement le français B2. Voir la nationalité française par mariage.
Une zone grise : les étudiants. Les étudiants et les personnes ayant fait des études en France sont dispensés du contrat d'intégration et du français A2. Mais le texte ne les dispense pas clairement de l'examen pour une première carte pluriannuelle, et les préfectures n'appliquent pas toutes la même règle. En cas de doute, mieux vaut passer l'examen.
À quoi ressemble l'examen
- 40 questions à choix multiples, en français, sur écran, en 45 minutes au plus.
- 28 questions de connaissances et 12 mises en situation.
- Une seule bonne réponse par question ; réussite à partir de 32 bonnes réponses.
- Cinq thèmes : principes et valeurs de la République, institutions, droits et devoirs, histoire et culture, vie en société (logement, santé, travail, école).
Il existe trois niveaux : carte pluriannuelle, carte de résident et naturalisation, chacun avec sa difficulté. Réussir le niveau « carte de résident » vaut aussi pour la carte pluriannuelle, pas l'inverse. Les questions de connaissances sont publiées sur le site officiel formation-civique.interieur.gouv.fr ; les mises en situation ne le sont pas. Une fraude entraîne deux ans d'interdiction.
Le niveau de français selon le titre
L'examen civique et le français sont deux conditions distinctes : réussir l'un ne dispense pas de l'autre.
- Carte pluriannuelle : A2, sauf pour les personnes dispensées du contrat d'intégration.
- Carte de résident : B1, contre A2 avant 2026.
- Naturalisation et nationalité par mariage : B2, à l'oral et à l'écrit.
Le niveau se prouve par un diplôme figurant sur la liste officielle ou, à défaut, par un test TCF ou TEF de moins de deux ans.
En cas d'échec
L'examen peut être repassé à tout moment, sans limite. Mais tant que l'attestation manque, le titre demandé ne peut pas être délivré.
- Carte pluriannuelle : la carte d'un an peut être renouvelée, mais pas indéfiniment. Repousser l'examen finit par mettre le séjour en danger.
- Carte de résident : la carte de dix ans est refusée ; vous pouvez renouveler votre titre actuel puis redemander après réussite.
- Naturalisation : sans attestation, le dossier est incomplet et peut être classé sans suite. Obtenir l'attestation juste après ne suffit pas : il faut redéposer. Passez l'examen avant de constituer le dossier.
Quand ça se complique
- Dossier déposé avant 2026, décidé après. Pour la naturalisation, seules les demandes déposées depuis le 1er janvier 2026 sont concernées. Pour les titres de séjour, aucun texte ne règle la transition, et certaines préfectures exigent l'examen pour des dossiers anciens. La question n'est pas tranchée.
- Titulaire d'une carte talent qui vise la carte de dix ans. La carte talent ne demande ni examen ni français, mais la dispense ne vous suit pas : la carte de longue durée-UE exige l'examen et le B1. Beaucoup de cadres internationaux le découvrent au moment de déposer.
- Changement de statut d'un titre dispensé vers un titre qui ne l'est pas.
- Conjoint de Français : après trois ans de mariage, la carte de résident demande l'examen et le B1. La nationalité par mariage, elle, demande le B2 mais pas d'examen. Cela vaut la peine de comparer.
- Dispense médicale contestée par l'administration.
Vous ne savez pas si votre prochaine carte exige l'examen ? Une consultation courte suffit pour vérifier avant de déposer.
Questions fréquentes
L'examen civique est-il obligatoire pour la carte talent ?
Non. Les cartes talent, la carte talent (famille) et la carte bleue européenne en sont dispensées, à la première demande comme au renouvellement. L'examen redevient nécessaire si vous demandez ensuite une carte de résident ou la naturalisation.
Combien de fois peut-on repasser l'examen civique ?
Autant de fois que nécessaire, à tout moment. Chaque passage coûte entre 60 et 80 € selon le centre.
Quel niveau de français pour la carte de résident ?
Le niveau B1, prouvé par un diplôme de la liste officielle ou par un TCF ou TEF de moins de deux ans. Il s'ajoute à l'examen civique.
Faut-il l'examen civique pour le renouvellement d'une carte ?
Non. Seule la première demande de carte pluriannuelle ou de carte de résident est concernée.
Faut-il l'examen civique pour la nationalité par mariage ?
Non. La déclaration par mariage exige le français B2, mais pas d'examen civique.
À lire également
- Nationalité française par mariage : conditions, délais et démarches
- Naturalisation : quelles 5 années comptent
- Carte talent : quelle catégorie correspond à votre situation
- Changement de statut étudiant à salarié
Deux façons d'avancer
Vérifier votre situation. En consultation : si votre prochaine carte exige l'examen, quel niveau passer et quel français prouver, avant de déposer. Réservez une consultation.
Confier le dossier au cabinet. Le cabinet prépare votre demande de carte pluriannuelle, de carte de résident ou de naturalisation et la suit jusqu'à la décision, y compris en cas de refus. Décrivez votre situation : le cabinet vous adressera une proposition d'accompagnement complet.
Information générale en droit français, à jour au 31 octobre 2026. Elle ne constitue pas une consultation juridique adaptée à votre situation.